Méthodologie
Les Gobelins applique les critères d'analyse fondamentale publiés par Warren Buffett, tels qu'ils ont été formalisés par Mary Buffett et David Clark dans leur livre consacré à sa méthode de sélection de titres. Ces critères sont publics : cette page en donne la liste exacte, la règle de calcul de chacun, les seuils et les poids retenus, la formule du score, et les limites connues.
Le score est une mesure mécanique : il constate si un titre passe ou ne passe pas des critères publiés, sur la base des états financiers des cinq derniers exercices disponibles. Il ne dit rien de la valeur future du titre, ne tient pas compte de la situation de qui le lit, et ne constitue pas une recommandation.
Chaque analyse porte sa date de calcul et la version de la méthode qui l'a produite, affichées sur la page du titre. Les données sont rafraîchies par lot trimestriel.
Comment le score est calculé
1. La note de niveau d'un critère. Chaque critère reçoit une note de 0 à 100 selon sa distance au seuil publié, sur le dernier exercice (exemple : une marge brute de 45 % pour un seuil « > 40 % » vaut 80). Les critères de tendance — croissance du BPA, trésorerie, bénéfices non distribués, rachats, owner earnings, actif net par action, dividendes, rachats nets — sont notés sur la série entière des cinq exercices ; la valeur intrinsèque et la marge de sécurité, sur le cours du jour.
2. La note de constance. Pour les onze critères notés sur leur dernière valeur, la régularité compte : la note de constance est la part des exercices mesurés qui passent le seuil, sur 100 — cinq exercices sur cinq valent 100, trois sur cinq valent 60, aucun vaut 0. Un exercice non calculable ne compte ni pour ni contre. C'est la constance dans les bons résultats qui est valorisée : un ratio mauvais et stable a une constance de 0, jamais de prime. Pour les trois critères sans seuil chiffré (Recherche et développement rapportée au bénéfice brut, Amortissements rapportés au bénéfice brut, Dette rapportée aux capitaux propres — « Plus bas = mieux »), un exercice passe quand sa note annuelle atteint 60.
3. La note du critère est la moyenne de sa note de niveau et de sa note de constance. exemple Une marge brute de 45 % le dernier exercice vaut 80 ; au-dessus de 40 % sur trois des cinq exercices mesurés, sa note de constance est 60 ; la note du critère est (80 + 60) / 2 = 70. Sans aucun exercice mesurable, le critère garde sa seule note de niveau.
4. Le poids de chaque critère pondère la moyenne de son étape : ils sont tous listés dans le tableau en bas de page.
5. Le sous-score d'une étape est la moyenne pondérée des critères calculables de l'étape. Une étape n'est notable que si au moins la moitié de son poids a pu être mesurée ; sinon elle n'affiche ni note ni verdict — jamais un zéro, qui se lirait comme un mauvais résultat au lieu d'une absence de mesure.
6. Le score global est la moyenne des sous-scores des seules étapes notables, pondérée par le poids mesuré de chaque étape. Il est donc toujours compris entre le plus bas et le plus haut des sous-scores notables. Aucun bonus ne s'y ajoute, aucun plafond ne le coupe.
7. Le seuil de passage est de 60 : à partir de cette note, une étape ou le score global « passe les critères ». Les qualificatifs (Excellent à partir de 80, Bon à partir de 60, Médiocre à partir de 40, Mauvais en dessous) et ce seuil sont inchangés par la version courante ; ils ont été réévalués sur des profils synthétiques, et la distribution réelle sera relue au premier lot calculé en version 2026-09.2.
Ce qui n'est pas mesuré. Un critère qui n'est pas calculable est exclu de la moyenne de son étape : lui donner une note par défaut reviendrait à inventer une mesure. Une étape non notable n'entre pas dans le score global, et la page du titre signale alors que l'analyse est incomplète. Si aucune étape n'est notable, le score global est « non mesuré », jamais 0. Toutes les parts de constance et toutes les tendances se calculent sur les cinq exercices que notre source fournit.
Version de la méthode 2026-09.2
Ce qui a changé et quand :
- 2026-09.2 — 15/09/2026 : bonus de constance additif retiré ; constance intégrée à la note de chaque critère de niveau (moyenne niveau / constance) ; score global calculé sur les étapes notables.
Chaque ligne calculée porte sa version. Les lignes calculées avec une version antérieure gardent leur score jusqu'au prochain lot ; deux versions ne sont jamais comparées entre elles.
Avantage concurrentiel — 6 critères
L'entreprise a-t-elle un avantage durable que ses concurrents ne parviennent pas à éroder ?
Marge brute — seuil > 40%, poids 1,5
La marge brute mesure ce que l'entreprise garde sur chaque euro de vente après avoir payé ce que le produit lui coûte à fabriquer.
Buffett cherche des marges brutes supérieures à 40 % : elles signalent un produit que le client ne remplace pas facilement, donc un avantage concurrentiel durable.
Marge nette — seuil > 20%, poids 1,2
La marge nette indique combien de centimes de bénéfice net l'entreprise conserve sur chaque euro de chiffre d'affaires, après toutes les charges et les impôts.
Buffett recherche des marges nettes supérieures à 20 %. Une marge élevée et stable est la marque d'un avantage que les rivaux ne parviennent pas à éroder.
ROE (rendement des capitaux propres) — seuil > 15%, poids 1,2
Le ROE mesure le bénéfice que l'entreprise dégage avec l'argent investi par ses actionnaires. C'est un indicateur d'efficacité du capital.
Buffett cherche un ROE supérieur à 15 %, signe que l'entreprise emploie chaque euro investi de manière productive.
Croissance du bénéfice par action (BPA) — seuil Croissance reguliere, poids 1,5
Le BPA divise le bénéfice net par le nombre d'actions. Sa croissance régulière montre que l'entreprise génère de plus en plus de richesse par action détenue.
Buffett veut un BPA en hausse constante, sans année de chute brutale : c'est la preuve que l'avantage concurrentiel se traduit durablement en profits croissants.
Frais généraux rapportés au bénéfice brut — seuil < 30%, poids 1,0
Ce ratio mesure la part du bénéfice brut absorbée par les frais de fonctionnement : salaires, loyers, publicité. Plus il est bas, plus l'entreprise est efficace.
Buffett préfère les entreprises dont les frais généraux restent sous 30 % du bénéfice brut : elles n'ont pas besoin de dépenser massivement pour vendre.
Recherche et développement rapportée au bénéfice brut — seuil Plus bas = mieux, poids 0,8
Ce ratio indique ce que l'entreprise dépense en recherche et développement par rapport à son bénéfice brut. Un ratio élevé signale une dépendance à l'innovation continue.
Buffett se méfie des entreprises qui doivent investir sans cesse en R&D pour survivre : leur avantage disparaît le jour où un concurrent invente mieux.
Qualité de gestion — 12 critères
L'argent des actionnaires est-il employé avec discipline ?
Dette à long terme rapportée au bénéfice net — seuil < 4 ans, poids 1,5
Ce ratio indique combien d'années de bénéfice net il faudrait pour rembourser intégralement la dette à long terme.
Buffett fixe la limite à quatre ans : en deçà, la structure financière est solide.
Dette rapportée aux capitaux propres — seuil Plus bas = mieux, poids 1,0
Ce ratio compare ce que l'entreprise doit à ce qu'elle possède en propre. Plus il est bas, moins l'entreprise dépend de ses créanciers.
Buffett préfère les entreprises peu endettées, qui financent leur croissance par leurs propres bénéfices plutôt que par la dette.
Charges d'intérêts rapportées au résultat d'exploitation — seuil < 15%, poids 1,0
Ce ratio montre quelle part du résultat d'exploitation sert à payer les intérêts de la dette.
Buffett cherche des charges d'intérêts sous 15 % du résultat d'exploitation : c'est le signe d'une structure financière saine.
Amortissements rapportés au bénéfice brut — seuil Plus bas = mieux, poids 0,8
L'amortissement représente l'usure des équipements et des bâtiments. Un ratio élevé signifie que l'entreprise doit remplacer régulièrement du matériel coûteux.
Buffett privilégie les entreprises à faibles amortissements : elles n'ont pas besoin de dépenser massivement pour maintenir leur outil de production.
Trésorerie et équivalents — seuil Niveau eleve et croissant, poids 0,8
L'argent dont l'entreprise dispose immédiatement : liquidités en banque et placements à court terme facilement convertibles.
Buffett apprécie les entreprises assises sur un matelas de trésorerie important et croissant : elles traversent les crises sans emprunter.
Croissance des bénéfices non distribués — seuil Tendance hausse reguliere, poids 1,0
Les bénéfices non distribués sont les profits que l'entreprise a gardés plutôt que versés en dividendes. Leur croissance montre qu'elle réinvestit.
Buffett considère la croissance régulière des bénéfices non distribués comme l'un des meilleurs signes d'un avantage concurrentiel durable.
Présence de rachats d'actions — seuil Treasury stock croissant, poids 0,7
Quand une entreprise rachète ses propres actions, elle réduit le nombre d'actions en circulation : chaque action restante représente une part plus grande de l'entreprise.
Buffett lit les rachats comme le signe que la direction juge son action sous-évaluée et préfère enrichir les actionnaires déjà présents.
Investissements rapportés au bénéfice net — seuil < 25%, poids 1,5
Ce ratio mesure la part du bénéfice net consacrée aux dépenses d'investissement : machines, usines, logiciels.
Buffett préfère les entreprises qui y consacrent moins de 25 % de leur bénéfice net : il reste du cash libre pour les actionnaires.
Owner earnings (bénéfices du propriétaire) — seuil Croissant, poids 1,2
Les bénéfices du propriétaire ajoutent au bénéfice net les amortissements, qui ne sortent pas de la caisse, puis retranchent les investissements nécessaires au maintien de l'activité.
Buffett préfère cette mesure au bénéfice comptable : elle dit ce que l'entreprise gagne vraiment. Il les veut en hausse d'année en année.
Rendement des bénéfices non distribués — seuil > 15%, poids 1,2
Chaque année, l'entreprise garde une partie de ses profits. Cet indicateur mesure le bénéfice par action supplémentaire que chaque euro ainsi gardé a fini par produire.
Buffett attend plus de 15 % : en dessous, l'argent gardé aurait mieux servi entre les mains des actionnaires. C'est son test le plus direct de la qualité d'un dirigeant.
Croissance de l'actif net par action — seuil Hausse reguliere, poids 1,0
L'actif net par action, ce sont les capitaux propres divisés par le nombre d'actions : la part comptable de l'entreprise que représente une action.
Buffett suit cette valeur depuis toujours dans ses lettres annuelles : une hausse régulière sur dix ans est la trace visible d'une entreprise qui accumule de la valeur.
Régularité des dividendes — seuil Constant ou croissant, poids 0,7
Le montant des dividendes versés chaque année. Ce qui compte n'est pas le niveau mais la régularité.
Buffett ne réclame pas de dividende : il préfère souvent que l'argent soit réinvesti. Mais un dividende jamais coupé sur dix ans signale des profits qui ne dépendent pas de la conjoncture.
Juste prix — 3 critères
Le cours actuel laisse-t-il une marge par rapport à ce que l'entreprise semble valoir ?
Valeur intrinsèque (bas de fourchette) — seuil Cours sous le bas de la fourchette, poids 1,5
La valeur intrinsèque projette le bénéfice par action sur dix ans, puis ramène ce futur à sa valeur d'aujourd'hui. Elle s'affiche en fourchette, jamais en chiffre unique : deux points de croissance en plus ou en moins changent le résultat d'environ 40 %.
Buffett répète que la valeur intrinsèque est une estimation, pas une mesure. La fourchette et les hypothèses affichées sont là pour le rappeler.
Marge de sécurité — seuil > 25%, poids 2,0
L'écart entre le bas de la fourchette de valeur intrinsèque et le cours actuel, exprimé en pourcentage.
La marge de sécurité vient de Benjamin Graham : elle absorbe les erreurs d'estimation. Sous 25 %, une hypothèse un peu trop optimiste suffit à effacer l'écart.
Rachats d'actions nets — seuil Rachats nets positifs, poids 0,7
La différence entre les actions rachetées et les actions émises, lue dans les flux de trésorerie.
Buffett valorise les rachats nets réguliers sur plusieurs années : l'entreprise génère assez de cash pour restituer de la valeur à ses actionnaires.
Les 21 critères et leur poids
| # | Critère | Étape | Seuil | Poids |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Marge brute | Avantage concurrentiel | > 40% | 1,5 |
| 2 | Marge nette | Avantage concurrentiel | > 20% | 1,2 |
| 3 | ROE (rendement des capitaux propres) | Avantage concurrentiel | > 15% | 1,2 |
| 4 | Croissance du bénéfice par action (BPA) | Avantage concurrentiel | Croissance reguliere | 1,5 |
| 5 | Frais généraux rapportés au bénéfice brut | Avantage concurrentiel | < 30% | 1,0 |
| 6 | Recherche et développement rapportée au bénéfice brut | Avantage concurrentiel | Plus bas = mieux | 0,8 |
| 7 | Dette à long terme rapportée au bénéfice net | Qualité de gestion | < 4 ans | 1,5 |
| 8 | Dette rapportée aux capitaux propres | Qualité de gestion | Plus bas = mieux | 1,0 |
| 9 | Charges d'intérêts rapportées au résultat d'exploitation | Qualité de gestion | < 15% | 1,0 |
| 10 | Amortissements rapportés au bénéfice brut | Qualité de gestion | Plus bas = mieux | 0,8 |
| 11 | Trésorerie et équivalents | Qualité de gestion | Niveau eleve et croissant | 0,8 |
| 12 | Croissance des bénéfices non distribués | Qualité de gestion | Tendance hausse reguliere | 1,0 |
| 13 | Présence de rachats d'actions | Qualité de gestion | Treasury stock croissant | 0,7 |
| 14 | Investissements rapportés au bénéfice net | Qualité de gestion | < 25% | 1,5 |
| 15 | Owner earnings (bénéfices du propriétaire) | Qualité de gestion | Croissant | 1,2 |
| 16 | Rendement des bénéfices non distribués | Qualité de gestion | > 15% | 1,2 |
| 17 | Croissance de l'actif net par action | Qualité de gestion | Hausse reguliere | 1,0 |
| 18 | Régularité des dividendes | Qualité de gestion | Constant ou croissant | 0,7 |
| 19 | Valeur intrinsèque (bas de fourchette) | Juste prix | Cours sous le bas de la fourchette | 1,5 |
| 20 | Marge de sécurité | Juste prix | > 25% | 2,0 |
| 21 | Rachats d'actions nets | Juste prix | Rachats nets positifs | 0,7 |
Les limites, dites franchement
Les valeurs financières n'ont pas de score
Banques, assureurs et sociétés financières sont écartés de la méthode. Leur bilan obéit à d'autres règles : la marge brute, les frais généraux ou la dette rapportée au bénéfice n'y ont pas le même sens. Leur appliquer ces ratios produirait un score qui a l'air précis, et qui serait faux. Ces titres reçoivent donc une page sans score, et non un mauvais score.
Cette exclusion repose sur le libellé de secteur fourni par notre source de données. Un libellé que nous ne reconnaîtrions pas conduit à écarter le titre plutôt qu'à le noter : c'est le sens le plus prudent de l'erreur, mais c'est bien une limite.
La valeur intrinsèque est une estimation, pas une mesure
Elle projette le bénéfice par action sur dix ans puis ramène ce futur à sa valeur d'aujourd'hui. Elle dépend donc entièrement de ses hypothèses : deux points de croissance en plus ou en moins déplacent le résultat d'environ 40 %. C'est pourquoi elle est publiée en fourchette, jamais en chiffre unique, et pourquoi la marge de sécurité existe — elle absorbe une part de l'erreur d'estimation.
La profondeur d'historique est limitée
Les critères de Buffett s'apprécient sur le long terme — une décennie d'exercices dans le livre de Mary Buffett et David Clark. Notre source de données ne fournit aujourd'hui que cinq exercices : les tendances et les parts de constance sont donc évaluées sur cinq exercices, une fenêtre plus courte que celle que la méthode suppose. Certains états financiers de sociétés européennes sont par ailleurs indisponibles, ce qui rend l'analyse incomplète pour ces titres — la page le signale plutôt que de combler le vide.
Ce que le score ne regarde pas
La méthode est entièrement fondée sur les états financiers publiés. Elle ne tient compte ni de la qualité des dirigeants, ni des évolutions réglementaires, ni de la concurrence à venir, ni d'aucun événement postérieur au dernier exercice publié.
Cet outil applique les critères publiés de Warren Buffett à titre éducatif. Il ne constitue ni un conseil en investissement ni une recommandation personnalisée. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.